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PE + M au Centrafrique

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PE + M au Centrafrique
8 septembre 2010

Le Défilé du 13 août

Désolé, nous ne donnons pas beaucoup de nouvelles mais allons essayer d’être plus réguliers ! Voilà le petit récit d’un évènement qui nous a marqué au mois d’août !

 

Samedi 21 août 2010, la préfecture de M’Baïki proposait le défilé du 13 août. Deux questions viennent immédiatement à l’esprit. La curiosité : Que représente le 13 août pour le peuple Centrafricain ? L’étonnement : Pourquoi faire le défilé du 13 août en date du 21 ?

 

La République Centrafricaine commémorait ce 13 août dernier le cinquantenaire de son indépendance proclamée à Bangui en 1960 par André Malraux, au nom de l’Etat Français.

 

Pourquoi ce retard ? Tout simplement parce que le bois nécessaire à la construction des tribunes oficielles n’a été livré que le 11 août seulement et que l’organisation d’une telle fête demande beaucoup de temps…50 ans ne suffisaient pas… Mais en 10 jours, les tribunes sont là, quand la place de la Concorde est monopolisée pendant deux mois.

 

Excités de vivre ce cette fête populaire, nous avons siégé, avec la foule, face aux tribunes, toutes décorées à partir de 9h15 pour un défilé prévu à 7h30. Il commencera finalement vers 10h30 après l’arrivée d’un ministre du gouvernement, des ambassadeurs du Cameroun et de la France… et, bien-sûr de notre Evêque.

 

La sonorisation ne nous a pas permis de suivre les discours mais nous nous sommes régalés de suivre le désordre de la chorale bien incapable de rester en place : aller-retour au toilettes, pauses cigarettes…le tout mené par un chef déjà imbibé de kangoya (alcool de palme).

 

Enfin, le défilé ! Dans l’ordre et la discipline,  les gendarmes, la police et les FACA (Forces Armées CentrAfricaines). Puis, moins constant dans la tenue du pas mais avec la meilleur volonté du monde, tout M’Baïki se suit : les fonctionnaires, les services sociaux, l’Institut Supérieur du Développement Rural, le KNK (Kwa na Kwa, soit le Travail par le travail, le parti de l’actuel Président de la République, Monsieur François Bozizé), le ministère des transports, l’opérateur téléphonique Télécel, le KNK, la scierie IFB, le club de boxe de M’Baïki (en tenue de combat !), le lycée de M’Baïki, le BDR (Bozizé Doit Rester, autrement dit le KNK), les églises évangéliques de la Lobaye, l’Ecole Islamique de M’Baïki, le KNK, le KNK,…. Au final, nous pouvons estimé que 90% des défilant étaient affiliés au KNK, pour le bonheur des quelques politiques centrafricains présents en tribunes qui, debout, pointaient leur pouce vers le ciel (comme pour « faire du stop »), signe de ralliement du parti politique du Président.

 

Quelle joie, d’apercevoir soudainement trois religieuses du Diocèse, en première ligne dans le cadre de leur formation pour devenir directrices des ECAC (Ecoles Catholiques AssoCiées). Fières, droites, s’évertuant à marcher au même ryhtme avec le petit balancement de bras traditionnel ! Elles avaient étrangement ommis de nous alerter de leur participation au défilé !

 

A bientôt !

 

PE+M

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5 juin 2010

Et de trois!

Bonjour à tous,

Après un long silence, voici quelques nouvelles… Cet article vous paraîtra sûrement un peu décousu. En effet, nous le préparions depuis près d’un mois mais une coupure Internet nous a empêchés de le mettre en ligne ces trois dernières semaines.

Du fait de l’absence de saisons, les jours se ressemblent : le soleil se lève tous les jours à la même heure pour se coucher tous les jours à la même heure, les journées sont courtes et le temps passe vite, très vite. Les journées ne sont pas monotones pour autant mais cela entraîne quelques difficultés à se rendre compte du temps qui passe. Nous voici déjà en juin… déjà trois mois que nous vivons à M’Baïki…déjà !

Le temps passe… il fait toujours aussi chaud ! La température à l’ombre a dépassé les 40°C ces derniers jours. Températures inhabituelles pour le pays et pour la période de l’année. Nous attendons maintenant patiemment la pluie qui tarde à tomber. Fin avril, nous interrogions un ouvrier de la mission sur la date probable des premières pluies : « Bientôt : mai ou juin car il y a un petit contretemps ! ». Un petit orage distribue parfois quelques gouttes d’eau en bien trop faible quantité pour réussir à rafraîchir la terre et l’atmosphère. Nous étions prévenu…en Afrique, il faut être patient !

Côté acclimatation, nous avons enfin commencé nos cours de Sango avec une femme de la paroisse qui vient chez nous tous les mardi et jeudi. La langue n’est pas très compliquée : pas de conjugaison, trois temps obtenus par des « annexes » similaires au « ago » anglais. La difficulté vient de la prononciation : un même mot peut signifier le travail, les cheveux ou la mort en fonction du ton donné. Nous nous essayons donc dans de courts dialogues. Les M’Baïkiens de la mission sont habitués et nous reprennent facilement ajoutant quelques mots à notre vocabulaire. Cependant, lors des virées à Bangui, les Centrafricains de la capitale sont toujours surpris de voir des « Mounjous » (terme qui désigne les Blanc provenant d’une prononciation mâchée de notre « Bonjour ») parler la seconde langue nationale et en sont ravis.

Pour PE, ma participation dans la chorale paroissiale m’aide aussi à assimiler un peu plus de vocabulaire à travers les chants. Je me rends donc aux répétitions tous les mercredis et tous les samedis à 15h30… en théorie. J’ai en effet vite compris que le respect des horaires de répétition est assez aléatoire. A chaque fois, les arrivées s’étalent entre 15h45 (au mieux !) et 16h30 ! Et chaque répétition se termine par un rappel des horaires… Je ne saurais vous décrire leur joie quand je suis moi-même arrivé avec près d’une heure de retard samedi dernier ! Plus sérieusement, je fais mes débuts comme ténor (et repense avec un peu de nostalgie aux cours de chant lors mes deux années de pensionnat à Derval). Suis-je doué ? Je ne pense pas mais tant que je ne suis pas renvoyé... Une choriste qui travaille avec Marie a résumé ma prestation autrement : « Il chante bien mais il lui manque le déhanché ! ». Chaque chose en son temps !

La chorale est aussi un moyen pour créer des liens. Nous avons ainsi été conviés à la « Ndoyé » d’une mama de la chorale qui avait accouché. Ndoyé signifie Charité en Sango. Lors d’une naissance, les amis se cotisent afin d’offrir un peu d’argent ou des choses utiles pour le nouveau-né. Toute la chorale s’est donc rendue chez les parents, s’est assise en cercle et a entamé quelques chants de fête. Pour sa présentation, l’enfant est passé de bras en bras, ballotté au rythme des chants…pas un cri, pas un pleur mais quelques frayeurs pour la puéricultrice.   

Pour Marie, mes activités se sont un peu diversifiées avec mon investissement dans la réouverture de la bibliothèque diocésaine de M’Baïki avec un autre coopérant et un séminariste. Après nettoyage des locaux, ré ameublement et recensement des livres disponibles, l’inauguration a eu lieu le 20 mai dernier. Pour attirer plus de jeunes, nous avons mis en place des jeux de société, et des séances d’aide au travail scolaire pour ceux qui le souhaite. Chose improbable chez nous, des enfants âgés de 8 ans préfèrent emprunter des dictionnaires ou des manuels scolaires plutôt que les Harry Potter ou autre roman d’aventures ! Je m’y rends deux fins d’après-midi par semaine après mon travail chez les Sœurs.

Autre aventure, à l’occasion du passage des coopérants de Manasao (ville située dans la pointe sud-ouest du pays), nous sommes allés « pique-niquer » aux chutes de Mbéko. Formées à la suite d’un séisme, ces chutes étaient un site aimé des gorilles il y a encore quelques années. Mais proche de Bangui, cet espace a été vite connus par les Blancs de la capitale comme lieu idéal pour profiter du repos dominical avec les pieds dans l’eau ! Et nous vous le confirmons, c’est agréable ! Partis avec l’éternelle salade de riz, la nappe…et les bières dans la glacière, après une courte marche à pied, nous savourions le plaisir de s’asseoir à l’ombre, d’écouter couler l’eau… La baignade sera pour une autre fois. La saison sèche se prolonge et attendons la montée du niveau d’eau pour ajouter les maillots de bain à nos bagages. Après une bonne partie de Time’s Up (petit jeu que nous avons fait découvrir, avec succès, aux autres coopérants), nous avons regagné M’Baïki. Une belle découverte que nous espérons renouveler rapidement.

Voilà pour l’essentiel de nos nouvelles centrafricaines.

A bientôt ! Bon week-end prolongé à tous !

PE+M

6 avril 2010

Déjà un mois!

Le temps passe vite et voilà déjà un mois que nous avons atterri en RCA.  Par quoi commencer pour tout vous raconter ?

La mission catholique (terme employé pour définir aussi bien le rôle de l’Eglise que les structures des Evêchés et Communautés) de M’Baïki est excentrée de la ville et est implantée sur une colline avec vue sur la forêt . Cette position a l’avantage d’être exposée aux vents qui viennent  « rafraichir » les 35 °C quotidien. Mais la saison des pluies et ses nuit fraiches approchent…

La mission est constituée de la cathédrale (Eglise Sainte Jeanne d’Arc), de la maison Monseigneur Guerrino Perin, la maison des pères, d’un centre de formation, de deux communautés de Sœurs, un séminaire en construction et de notre maison. Celle-ci est très agéable, assez fraiche et comprend deux chambres (quand venez-vous ?), un séjour et une salle de bain. Nous sommes alimentés avec un panneau solaire qui nous donne uniquement la lumière ! La puissance fournie ne permet pas de brancher un ordinateur ou tout autre appareil électrique. Mais on vit très bien comme ça, à savoir que seule la capitale Bangui est alimentée en électricité à partir d’une centrale hydraulique.

Notre vie quotidienne est partagée avec deux coopérants DCC, Guillaume et Pierre qui sont respectivement responsable de la menuiserie et de l’association Caritas. Nous nous entendons très bien et nous sont de bon conseil pour nos débuts !

Nos missions :

PE : Responsable des constructions de l’Evêché, je dois suivre les travaux ordonnés par l’Evêque et confiés à des entrepreneurs locaux. Pour le moment, je suis la fin de la réalisation du séminaire (ce chantier connait à l’heure actuelle un retard supérieur à un an ! ) et prépare la future construction de bureaux qui regrouperons des salles de classes, l’association Caritas, les commissions diocésaines et le centre de promotion féminine.  Autre volet de mon travail, je dois organiser l’emploi du temps de 5 ouvriers employés à temps plein par l’Evêque. Gabriel en est le doyen et travaille ici depuis 28 ans ! Un très bon appui technique pour moi en ce qui concerne les méthodes de construction locale (essentiellement en briques)!

M : Comme vous le savez, je travaille chez les Sœurs Missionnaires de la Charité (congrégation de Mère Thérèsa). Il faut savoir que le système de santé en RCA est très différent du système français. La sécurité sociale de fonctionne pas (même si elle existe et que les employeurs cotisent !) : lors d’une consultation ou d’une hospitalisation, tout est à la charge du patient, du comprimé de doliprane à la compresse ! Si vous êtes malade de nuit…un complément gasoil est demandé pour faire tourner le groupe électrogène… De plus, les gens préfèrent souvent passer d’abord par les médecines traditionnelles (y compris sorcellerie) où ils dépensent beaucoup d’argent ! Autre difficulté : les médecins de M’Baïki ont « disparus » depuis maintenant deux semaines ! Les Sœurs ont pour mission d’acceuillir dans leur dispensaire les enfants et les femmes qui n’ont pas les moyens de se faire soigner à l’hôpital. Arrivent donc chez les Sœurs des malades dans des états critiques, faute d’avoir trop attendus et d’être d’abord passés par les médecines traditionnelles : malnutrition sévère, coma suite à une crise de paludisme, plaie infectée suite à morsure de serpent datant de 2 semaines, fracture ouverte de trois semaines… Je vois des choses dures et éprouvantes mais l’accueil qui m’est réservé par les enfants et les femmes dont je m’occupe est très chaleureux et me motive dans mon travail. Aujourd’hui j’ai appris à « danser local » avec les enfants et les Mamas ! Un vrai succès !

Pour les autres postes de ma mission, ils ne sont pas encore mis en place. Je devrai très certainement m’occuper de l’éducation affective des adolescentes dans le cadre du scoutisme à partir de la rentrée de septembre.

Nos rencontres, notre quotidien :

Au-delà de l’aspect professionnel de notre mission, quelques Centrafricains rencontrés sur l’Evêché font déjà partis de notre quotidien. Ezequiel, 13 ans, vient nous voir régulièrement. Orphelin depuis quelques années, il a été longtemps élevés par les Sœurs de la Charité et « chouchouté » par l’équipe du diocèse ! Un couple de coopérants a joué un rôle très important dans son éducation et sa formation scolaire. Comme un flambeau, les coopérants suivants continuent à lui donner quelques cours de soutien, et Marie l’a aussi soigné d’un abcès. Les enfants de la famille Dimanche viennent régulièrement jouer (au UNO, leur jeu favori) à la maison ou faire des dessins pour les plus jeunes. Parfois, c’est nous qui sommes invités à jouer chez eux !

Marie s’est aussi lancée dans de nouvelles expériences culinaires ! Si notre alimentation est globalement européenne et supervisée par une sœur italienne, certains produits sont assez difficiles à se procurer. Marie a donc appris à faire du pain (du vrai, sans machine !), des yahourts (à la marmitte, à l’ancienne !) et a même fait l’expérience d’égorger un mouton suivant le rite musulman (dans le cadre de la préparation par les Sœurs des repas pour les prisionners de M’Baïki puisque la prison ne prend pas ça en charge) !

Paul-Emmanuel, quant  à lui, participera demain à sa première répétition de chorale (pour les messes). A voir pour la suite ! Nous devrions aussi être intégrés au groupe des foyers chrétiens mais les trois dernières réunions ont été infructueuses car il n’y avait soit personne, soit aucun « couple complet » !

Nous avons profité de la visite des parents de Guillaume pour aller à la rencontre des différents paroisses et coopérants aux alentours de M’Baïki. Et même un petit tour en pirogue !

Joyeuses Pâques à tous !

Que de belles messes ! Les grandes fêtes catholiques sont synonymes de processions, de belles tenues pour les fidèles, de cortège de jeunes filles qui dansent devant l’autel, et de messes qui durent environ trois heures ! En Sango (deuxième langue officiele da la RCA)… La messe des rameaux à Bangui était magnifique, avec de grandes feuilles de palmier qui remplacent nos petits brins de buis. Les femmes dansent et poussent des cris de joie à la fin des chants !

Le lundi de Pâques, c’est « journée détente » pour tout le monde. Nous sommes partis pique-niquer sur les bords du fleuve Lobaye. Activités diverses au programme : pétanque, jeu de carte, jeu de dames, baignade… Un contexte agréable pour se reposer !

Désolé, ce message arrive très tard et est…très long ! Nous n’avons pas eu beaucoup d’accès à Internet ces derniers temps. Si tout se passe bien (pas d’orage, pas de panne…) nous devrions pouvoir nous connecter une à deux fois par semaine pendant une heure. Merci à tous pour vos commentaires et messages.

Le téléchargement des photos ne passe pas… ce sera pour la semaine prochaine (si tout va bien !).

A bientôt !

PE+M

5 mars 2010

Bien arrivés!

Balala (Bonjour à tous),

Petit message rapide pour vous confirmer que nous sommes bien arrivés à Bangui. Nous avons été accueillis par Pierre et Fabrice, respectivement coopérant et séminariste à M'Baïki. Ils nous ont accompagnés dans nos démarches pour la demande de carte de séjour et de carte consulaire. Très bonne première impression!!!

Nous partons ce soir pour M'Baïki. Nous avons hâte de découvir notre "chez-nous"!

A bientôt!

PE+M

2 mars 2010

Le départ!

Bonjour à tous!

J-1! Nous décollons demain soir pour Bangui en République Centrafricaine.

Volontaires de solidarité internationale avec l'ONG Fidesco, nous partons pour un an à M'Baïki comme coordinateur travaux pour Paul-Emmanuel et comme infirmière pour Marie.

Ce blog nous permettra de rester en contact avec vous et de partager notre mission!

A bientôt!

PE + M

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