Le temps passe vite et voilà déjà un mois que nous avons atterri en RCA. Par quoi commencer pour tout vous raconter ?
La mission catholique (terme employé pour définir aussi bien le rôle de l’Eglise que les structures des Evêchés et Communautés) de M’Baïki est excentrée de la ville et est implantée sur une colline avec vue sur la forêt . Cette position a l’avantage d’être exposée aux vents qui viennent « rafraichir » les 35 °C quotidien. Mais la saison des pluies et ses nuit fraiches approchent…
La mission est constituée de la cathédrale (Eglise Sainte Jeanne d’Arc), de la maison Monseigneur Guerrino Perin, la maison des pères, d’un centre de formation, de deux communautés de Sœurs, un séminaire en construction et de notre maison. Celle-ci est très agéable, assez fraiche et comprend deux chambres (quand venez-vous ?), un séjour et une salle de bain. Nous sommes alimentés avec un panneau solaire qui nous donne uniquement la lumière ! La puissance fournie ne permet pas de brancher un ordinateur ou tout autre appareil électrique. Mais on vit très bien comme ça, à savoir que seule la capitale Bangui est alimentée en électricité à partir d’une centrale hydraulique.
Notre vie quotidienne est partagée avec deux coopérants DCC, Guillaume et Pierre qui sont respectivement responsable de la menuiserie et de l’association Caritas. Nous nous entendons très bien et nous sont de bon conseil pour nos débuts !
Nos missions :
PE : Responsable des constructions de l’Evêché, je dois suivre les travaux ordonnés par l’Evêque et confiés à des entrepreneurs locaux. Pour le moment, je suis la fin de la réalisation du séminaire (ce chantier connait à l’heure actuelle un retard supérieur à un an ! ) et prépare la future construction de bureaux qui regrouperons des salles de classes, l’association Caritas, les commissions diocésaines et le centre de promotion féminine. Autre volet de mon travail, je dois organiser l’emploi du temps de 5 ouvriers employés à temps plein par l’Evêque. Gabriel en est le doyen et travaille ici depuis 28 ans ! Un très bon appui technique pour moi en ce qui concerne les méthodes de construction locale (essentiellement en briques)!
M : Comme vous le savez, je travaille chez les Sœurs Missionnaires de la Charité (congrégation de Mère Thérèsa). Il faut savoir que le système de santé en RCA est très différent du système français. La sécurité sociale de fonctionne pas (même si elle existe et que les employeurs cotisent !) : lors d’une consultation ou d’une hospitalisation, tout est à la charge du patient, du comprimé de doliprane à la compresse ! Si vous êtes malade de nuit…un complément gasoil est demandé pour faire tourner le groupe électrogène… De plus, les gens préfèrent souvent passer d’abord par les médecines traditionnelles (y compris sorcellerie) où ils dépensent beaucoup d’argent ! Autre difficulté : les médecins de M’Baïki ont « disparus » depuis maintenant deux semaines ! Les Sœurs ont pour mission d’acceuillir dans leur dispensaire les enfants et les femmes qui n’ont pas les moyens de se faire soigner à l’hôpital. Arrivent donc chez les Sœurs des malades dans des états critiques, faute d’avoir trop attendus et d’être d’abord passés par les médecines traditionnelles : malnutrition sévère, coma suite à une crise de paludisme, plaie infectée suite à morsure de serpent datant de 2 semaines, fracture ouverte de trois semaines… Je vois des choses dures et éprouvantes mais l’accueil qui m’est réservé par les enfants et les femmes dont je m’occupe est très chaleureux et me motive dans mon travail. Aujourd’hui j’ai appris à « danser local » avec les enfants et les Mamas ! Un vrai succès !
Pour les autres postes de ma mission, ils ne sont pas encore mis en place. Je devrai très certainement m’occuper de l’éducation affective des adolescentes dans le cadre du scoutisme à partir de la rentrée de septembre.
Nos rencontres, notre quotidien :
Au-delà de l’aspect professionnel de notre mission, quelques Centrafricains rencontrés sur l’Evêché font déjà partis de notre quotidien. Ezequiel, 13 ans, vient nous voir régulièrement. Orphelin depuis quelques années, il a été longtemps élevés par les Sœurs de la Charité et « chouchouté » par l’équipe du diocèse ! Un couple de coopérants a joué un rôle très important dans son éducation et sa formation scolaire. Comme un flambeau, les coopérants suivants continuent à lui donner quelques cours de soutien, et Marie l’a aussi soigné d’un abcès. Les enfants de la famille Dimanche viennent régulièrement jouer (au UNO, leur jeu favori) à la maison ou faire des dessins pour les plus jeunes. Parfois, c’est nous qui sommes invités à jouer chez eux !
Marie s’est aussi lancée dans de nouvelles expériences culinaires ! Si notre alimentation est globalement européenne et supervisée par une sœur italienne, certains produits sont assez difficiles à se procurer. Marie a donc appris à faire du pain (du vrai, sans machine !), des yahourts (à la marmitte, à l’ancienne !) et a même fait l’expérience d’égorger un mouton suivant le rite musulman (dans le cadre de la préparation par les Sœurs des repas pour les prisionners de M’Baïki puisque la prison ne prend pas ça en charge) !
Paul-Emmanuel, quant à lui, participera demain à sa première répétition de chorale (pour les messes). A voir pour la suite ! Nous devrions aussi être intégrés au groupe des foyers chrétiens mais les trois dernières réunions ont été infructueuses car il n’y avait soit personne, soit aucun « couple complet » !
Nous avons profité de la visite des parents de Guillaume pour aller à la rencontre des différents paroisses et coopérants aux alentours de M’Baïki. Et même un petit tour en pirogue !
Joyeuses Pâques à tous !
Que de belles messes ! Les grandes fêtes catholiques sont synonymes de processions, de belles tenues pour les fidèles, de cortège de jeunes filles qui dansent devant l’autel, et de messes qui durent environ trois heures ! En Sango (deuxième langue officiele da la RCA)… La messe des rameaux à Bangui était magnifique, avec de grandes feuilles de palmier qui remplacent nos petits brins de buis. Les femmes dansent et poussent des cris de joie à la fin des chants !
Le lundi de Pâques, c’est « journée détente » pour tout le monde. Nous sommes partis pique-niquer sur les bords du fleuve Lobaye. Activités diverses au programme : pétanque, jeu de carte, jeu de dames, baignade… Un contexte agréable pour se reposer !
Désolé, ce message arrive très tard et est…très long ! Nous n’avons pas eu beaucoup d’accès à Internet ces derniers temps. Si tout se passe bien (pas d’orage, pas de panne…) nous devrions pouvoir nous connecter une à deux fois par semaine pendant une heure. Merci à tous pour vos commentaires et messages.
Le téléchargement des photos ne passe pas… ce sera pour la semaine prochaine (si tout va bien !).
A bientôt !
PE+M